Israël mène des frappes aériennes au Liban et accuse le Hezbollah de violer la trêve

Lundi 7 septembre, Israël a mené une série de frappes aériennes dans le sud du Liban, accusant le groupe Hezbollah d’avoir enfreint les conditions de l’accord de cessez-le-feu. Selon l’Agence nationale d’information (NNA) officielle libanaise, les bombardements nocturnes sur le village de Kfar-Roumman ont fait 11 morts, dont deux nourrissons. La veille, sept autres personnes avaient déjà péri dans des frappes israéliennes distinctes.

Israël intensifie ses opérations dans la région de Nabatieh, affirmant que le Hezbollah mène des « attaques répétées de drones » et « tente de restaurer ses capacités militaires dans le sud du Liban ». Le ministère des Affaires étrangères d’Israël a déclaré que le groupe avait violé l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit son désarmement. Jeudi dernier, Israël avait également annoncé la prise de la crête stratégique d’Ali al-Taher, tenue par le Hezbollah, une affirmation que le groupe n’a pas commentée.

Conséquences des attaques à Kfar-Roumman

À Kfar-Roumman, une frappe israélienne a détruit un immeuble résidentiel de trois étages, tuant neuf personnes. Deux secouristes ont également trouvé la mort lorsque leur véhicule a été visé. L’une des victimes, âgée de 18 ans, travaillait pour une organisation de défense civile liée au mouvement Amal, allié politique du Hezbollah.

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Un photographe de l’AFP a constaté la présence de manuels scolaires et de restes de meubles éparpillés parmi les décombres de l’immeuble. Lundi matin, les secouristes poursuivaient leurs recherches pour retrouver d’éventuelles victimes sous les gravats.

Les habitants étaient revenus chez eux après la trêve de juin, après avoir été contraints de fuir en raison du conflit. « Depuis que nous sommes revenus ici, nous vivons dans la peur », a confié à l’AFP Fouad Chakaron, un habitant local. Il a insisté sur le fait que l’immeuble détruit abritait « des civils qui n’avaient aucun lien avec qui que ce soit ».

À la suite de l’attaque, les résidents des environs ont quitté leurs maisons, également endommagées.

Frappe sans avertissement

Israël n’a pas averti les habitants de Kfar-Roumman avant l’attaque, contrairement à une opération distincte sur la localité voisine de Deir-Zahrani, pour laquelle l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation. Dans un message en arabe, l’armée israélienne a déclaré viser un « site terroriste du Hezbollah », avertissant que toute personne restant dans la zone s’exposerait à un danger.

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Un habitant, Abbas Toufaili, a raconté à l’AFP avoir reçu un appel vers 2 heures du matin lui intimant de quitter sa maison, désignée comme cible. « J’ai dit que c’était impossible. Pourquoi ma maison serait-elle une cible ? Il n’y a rien dedans. Je ne pouvais pas y croire », a-t-il déclaré.

Il a expliqué avoir fait sortir sa femme, ses enfants et sa mère âgée en pyjama. Ensemble, ils ont assisté à la destruction de leur domicile.

Hostilités et cessez-le-feu

Les hostilités au Liban ont débuté en mars après que le Hezbollah a attaqué Israël en soutien à l’Iran. L’intensité des combats a diminué après le mémorandum d’entente de juin entre Washington et Téhéran concernant un conflit plus large au Moyen-Orient, suivi d’un accord-cadre entre Israël et le Liban conclu plus tard ce même mois.

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Dimanche, les frappes israéliennes ont fait sept morts, après que des attaques vendredi ont causé la mort de quatre personnes. L’armée israélienne a déclaré répondre au lancement par le Hezbollah de deux drones vers ses militaires positionnés à l’intérieur du Liban, sans préciser s’il y avait des blessés.

Le Hezbollah n’a revendiqué aucune attaque depuis le 20 juin. Selon Beyrouth, les frappes aériennes et l’incursion terrestre israéliennes au Liban depuis mars ont fait plus de 4300 morts.

Les forces israéliennes continuent d’opérer au sein d’une « zone de sécurité » autoproclamée, s’étendant sur environ 10 km à l’intérieur du territoire libanais le long de la frontière. Dimanche, le président du Liban, Joseph Aoun, a appelé Washington et la communauté internationale à contribuer à mettre fin aux attaques israéliennes.

Source : Channel NewsAsia