Le ministre français de l’Intérieur a averti le 10 septembre qu’une chaîne de télévision française s’exposait à des poursuites pénales si elle permettait à nouveau à une commentatrice russe, expulsée du pays pour des accusations d’espionnage au profit du Kremlin, de s’exprimer à l’antenne. Ksenia Fedorova, âgée de 45 ans, a été officiellement expulsée de France en août après que son recours contre une décision de justice ordonnant son départ du territoire pour diffusion de propagande pro‑Kremlin a été rejeté.
Malgré cela, la chaîne de télévision conservatrice CNews a annoncé que Ksenia Fedorova interviendrait prochainement à l’antenne par liaison vidéo. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a envoyé une lettre au régulateur des médias ARCOM, expliquant que Ksenia Fedorova était accusée de « manipulation de l’information et du débat public » ainsi que d’« atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ces mêmes accusations ont justifié son expulsion et le gel de ses avoirs.
Avertissement sur des poursuites pénales
Le retour à l’antenne de Ksenia Fedorova « contrevient directement aux mesures d’expulsion et de gel des avoirs prononcées et pourrait constituer le fondement de plusieurs poursuites pénales », a souligné le ministre dans cette lettre, révélée par le journal Le Monde et consultée par l’AFP.
Ksenia Fedorova est l’ancienne directrice de la branche française de RT, interdite en France après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Elle est ensuite devenue commentatrice pour le groupe média du milliardaire français Vincent Bolloré, auquel appartient la chaîne CNews.
Elle a qualifié ces accusations de « censure » et a affirmé qu’elle se trouvait hors de France en vacances au moment où l’arrêté d’expulsion est entré en vigueur, précisant qu’elle n’avait donc pas été physiquement expulsée.
Source : The Straits Times



