Des centaines de milliers de parents au Royaume-Uni perçoivent un revenu annuel inférieur d’au moins 20 000 livres au niveau requis pour assurer une vie décente. Selon un nouveau rapport sur le Minimum Income Standard, publié par la Joseph Rowntree Foundation en collaboration avec l’Université de Loughborough, l’écart entre les finances des ménages et le coût de la vie se creuse davantage, notamment à cause des dépenses élevées liées au logement et de la faiblesse des aides sociales.
Pour un parent isolé avec deux enfants travaillant à temps plein au salaire minimum national, le revenu actuel ne couvre que 67 % du budget minimal requis, générant un déficit de plus de 22 000 livres. Environ 340 000 parents isolés dans le pays se situent à ce niveau ou en dessous. En revanche, un couple avec deux enfants, où les deux parents travaillent à temps plein au même salaire, atteint 80 % du seuil nécessaire, avec un manque d’environ 15 000 livres.
L’impact du coût des loyers sur le niveau de revenu
La situation des bénéficiaires d’allocations chômage est encore plus précaire : ils ne couvrent que 24 % du revenu requis pour les ménages sans enfant, 28 % pour les couples avec enfants et 36 % pour les parents isolés. La JRF a revu ses calculs, en tenant compte du fait que, pour la première fois en 18 ans, les participants aux groupes de discussion estiment impossible de compter sur l’accès au logement social en raison de la pénurie persistante et des longues listes d’attente.
Cette situation a entraîné une hausse du revenu minimum nécessaire, du fait du coût élevé des loyers dans le secteur privé. Un parent isolé avec deux enfants vivant dans un logement privé doit disposer de 67 000 livres pour atteindre le standard, contre 59 800 livres dans le logement social, soit une différence de 8 000 livres. Pour un retraité vivant seul, dont le seul revenu est la pension d’État (12 547 livres par an), le besoin s’élève à 21 300 livres en location privée et à 15 900 livres en logement social.
Darren Baxter, responsable de la politique du logement à la JRF, a déclaré : « Nous ne vivons plus dans un monde où la location privée est une étape temporaire pour les jeunes professionnels. Ce sont des foyers où les familles élèvent leurs enfants, du berceau à l’adolescence, et où les gens vieillissent. » Il a ajouté que les familles ne peuvent pas attendre des décennies que les nouvelles constructions influencent le marché locatif. La JRF insiste sur la nécessité de plafonner les loyers, bien que le gouvernement du Royaume-Uni ait indiqué ne pas envisager une telle mesure.
Selon Zoopla, le loyer moyen des nouveaux contrats a augmenté de 2,6 % au cours de l’année précédant juillet 2026. Les chercheurs prévoient que ce taux atteindra 4 à 5 % d’ici la fin de l’année, alors que le ralentissement de la hausse des loyers commence à s’essouffler.
Source : The Independent UK



