Bloomberg : Andy Burnham envisage un soutien militaire à l’Arabie saoudite face aux Houthis

Le Premier ministre Andy Burnham envisage d’apporter une aide diplomatique et militaire à l’Arabie saoudite pour contrer les attaques des Houthis au Yémen, alors que le Royaume-Uni s’inquiète des conséquences économiques croissantes du conflit. Selon des sources proches du dossier, Riyad a sollicité Londres pour obtenir diverses formes de soutien.

L’Arabie saoudite demande notamment un appui opérationnel pour ses forces armées afin de contrer la progression des Houthis, soutenus par l’Iran, le long de la côte de la mer Rouge en direction du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, ainsi qu’une aide pour protéger ses infrastructures pétrolières. On ignore pour l’instant si Andy Burnham est disposé à accéder à ces demandes, dont le gouvernement britannique n’a pas officiellement signalé.

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que le Royaume-Uni travaillerait avec ses partenaires pour maintenir la stabilité régionale, tout en refusant de commenter les formes spécifiques d’assistance. Le gouvernement de l’Arabie saoudite n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Ce conflit constitue l’un des premiers dilemmes majeurs de politique étrangère et économique pour Andy Burnham depuis son entrée en fonction en juillet. Le Royaume-Uni cherche à éviter d’être entraîné dans un nouveau conflit au Moyen-Orient, d’autant plus que Londres n’avait pas soutenu la guerre du président Donald Trump contre l’Iran.

TOP  La Finlande rejoint l'initiative française de dissuasion nucléaire

Conséquences économiques pour le Royaume-Uni

Parallèlement, cette escalade crée de sérieux problèmes pour la politique économique britannique à l’approche du premier budget du gouvernement, prévu le mois prochain. La progression des combattants houthis ces derniers jours et l’arrêt de l’exploitation de l’oléoduc Est-Ouest par l’Arabie saoudite après des attaques ont fait grimper le prix du pétrole Brent à près de 110 dollars le baril.

Les marchés craignent que le conflit ne bloque une route essentielle pour contourner le détroit d’Ormuz en cas de guerre entre les États-Unis et l’Iran. Les responsables britanniques redoutent également que la remise en service de l’oléoduc Est-Ouest ne prenne jusqu’à six semaines. Son arrêt est particulièrement critique pour l’Arabie saoudite, cet itinéraire étant sa principale voie d’exportation alternative depuis que la guerre avec l’Iran a réduit la majeure partie des approvisionnements via le détroit d’Ormuz.

Selon les responsables britanniques, si les Houthis prenaient le contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb, cela aurait un impact « catastrophique » sur le transport maritime international et pourrait porter un nouveau coup à l’économie mondiale en raison de la hausse des prix du pétrole et de l’inflation.

TOP  WSJ : La Russie devance l'Ukraine et les États-Unis dans la production rapide d'armes à bas coût

Les craintes liées à l’inflation renforcent déjà les attentes d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre. Le rendement des obligations d’État britanniques a augmenté et les marchés intègrent désormais cinq hausses de taux de 0,25 point de pourcentage d’ici fin 2027. Un tel scénario compliquerait considérablement la promesse du Premier ministre de réduire le coût de la vie.

Le ministre des Finances John Healey comptait sur une atténuation des craintes inflationnistes lors de la préparation des prévisions économiques. Toutefois, la dégradation de la situation sur les marchés pourrait laisser au gouvernement encore moins de marge de manœuvre pour respecter ses propres règles budgétaires. L’inquiétude est d’autant plus vive que cette escalade survient au moment où l’Office for Budget Responsibility (OBR) du Royaume-Uni prépare ses prévisions économiques et budgétaires avant le budget prévu le 28 octobre.

Soutien militaire britannique à l’Arabie saoudite

Andy Burnham a déjà accepté d’envoyer des conseillers militaires britanniques en Arabie saoudite pour soutenir ses efforts. Il n’est pas le seul dirigeant sollicité par Riyad. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a appelé la semaine dernière Donald Trump à mener des frappes contre les Houthis, mais Washington n’intervient pas encore dans le conflit, hormis l’envoi de conseillers militaires.

TOP  France : la Russie tente d'intimider l'UE après une frappe près de la frontière polonaise

Samedi, le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni Ed Miliband s’est entretenu par téléphone avec le ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite Fayçal ben Farhan au sujet des attaques des Houthis. Ed Miliband a déclaré que « le Royaume-Uni soutient fermement l’Arabie saoudite et le gouvernement du Yémen internationalement reconnu ».

En 2024, sous le mandat du Premier ministre conservateur Rishi Sunak, l’armée britannique avait mené des frappes contre des cibles houthis au Yémen en réponse aux attaques du groupe en mer Rouge. Le chef de l’opposition de l’époque, Keir Starmer, avait soutenu ces frappes. Une fois Premier ministre, Keir Starmer a déployé des moyens militaires britanniques en Arabie saoudite et, en mars, le système de défense antiaérienne britannique Sky Sabre a été intégré au système de défense du pays. Il comprend des radars, un centre de contrôle et des lanceurs.