Ursula von der Leyen propose de suspendre les règles migratoires de l’UE en période de crise

La crise migratoire à Ceuta est devenue l’un des premiers défis majeurs de la nouvelle saison politique pour l’Union européenne. Cet été, des dizaines de milliers de personnes sont arrivées illégalement dans cette ville autonome espagnole depuis le Maroc, poussant Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à proposer une nouvelle réglementation devant le Parlement européen. Ce texte doit permettre aux États membres de déroger temporairement aux procédures migratoires standard en situation de crise — une possibilité qu’Ursula von der Leyen a qualifiée de « flexibilité ». Parallèlement, l’Union européenne explore déjà des pistes pour créer des centres de déportation en dehors de ses frontières.

Lors de son discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen a accusé des réseaux mafieux et des « adversaires » de l’UE d’utiliser des « personnes vulnérables » contre la communauté. Elle a souligné que « la frontière de Ceuta est une frontière européenne, car Ceuta est l’Espagne, Ceuta est l’Europe ». La responsable a également rappelé que le pacte sur la migration et l’asile, entré en vigueur en juillet, durcit déjà les conditions pour les demandeurs d’asile.

Nouveau mécanisme de réaction aux situations d’urgence

Le « nouveau mécanisme européen de réaction aux situations d’urgence » proposé prévoit la possibilité d’assurer temporairement une « flexibilité dans les procédures standard ». Selon Ursula von der Leyen, les règles pourraient être modifiées pour une « durée limitée » et de manière « strictement définie », notamment pour accélérer et faciliter le retour des migrants. Elle a justifié cette mesure en affirmant que l’Europe a besoin de moyens pour protéger ses frontières lorsque des mouvements de masse sont « organisés et utilisés comme des armes », faisant référence aux cas d’utilisation de migrants par la Russie et la Biélorussie lors d’actions hybrides aux frontières de la Pologne et de la Lituanie.

Protocole de sécurité et relations commerciales

Dans le contexte de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie et des récentes tentatives infructueuses d’attaques par drones contre l’aéroport de Leipzig, Ursula von der Leyen a également proposé la création d’un « protocole de sécurité en cas d’urgence ». Ce mécanisme fonctionnerait sur le modèle de l’article 4 de l’OTAN, prévoyant des consultations entre les États membres en cas de menaces extérieures, telles que des incursions de drones, des cyberattaques ou des actes de sabotage. Par ailleurs, elle a insisté sur le renforcement de la coopération entre l’UE et l’OTAN.

En matière commerciale, Ursula von der Leyen a attiré l’attention sur le déficit de l’UE dans ses échanges avec la Chine, qui s’élève à environ 1 milliard d’euros. Elle a noté que si les négociations avec Pékin se poursuivent, « les mots sont une chose, mais les faits sont mieux », et que l’Union européenne utilisera donc tous les outils à sa disposition pour rééquilibrer les relations commerciales.

Source : El País