L’Union européenne dispose d’outils qu’elle pourra utiliser si les États-Unis profèrent des menaces excessives concernant des secteurs stratégiques comme l’acier, a déclaré le ministre français du Commerce, Nicolas Forissier.
Cette déclaration intervient après que le président américain Donald Trump a annoncé vendredi son intention d’augmenter les droits de douane sur les importations de voitures et de camions en provenance de l’UE à 25 % cette semaine. Il estime que le bloc ne respecte pas l’accord commercial conclu en juillet. Des responsables de l’UE ont indiqué que toutes les options seraient sur la table si M. Trump mettait sa menace à exécution. « Nous utiliserons nos outils, surtout s’il y a trop de menaces pour notre économie ou pour nos intérêts industriels et stratégiques — je pense par exemple à l’acier — nous ne serons donc plus naïfs », a souligné M. Forissier mardi lors d’un entretien avec Bloomberg Television.
Rencontres et ordre du jour du G7
Le ministre Forissier doit rencontrer le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, plus tard mardi pour des discussions, et accueillera mercredi ses homologues du Groupe des Sept (G7) à Paris.
La montée des tensions concernant d’éventuels tarifs douaniers sur l’automobile éclipse les efforts de la France pour faire avancer d’autres points à l’ordre du jour du G7, notamment la discussion sur la réponse aux surcapacités chinoises, la recherche d’une meilleure coordination pour la diversification des approvisionnements en minéraux critiques en provenance de Chine, et la coopération sur les défis du commerce numérique.
Même avant les dernières menaces de M. Trump, l’UE était mécontente des droits de douane américains sur les produits sidérurgiques et en aluminium, malgré les récentes révisions de Washington. Près de la moitié des exportations de l’UE utilisant ces métaux seraient finalement soumises à des droits de douane plus élevés. Les deux parties avaient convenu de poursuivre les négociations pour résoudre le problème de longue date des droits de douane sur l’acier et l’aluminium depuis la conclusion d’un accord.
La Commission européenne a informé les ambassadeurs de l’UE la semaine dernière qu’elle était prête à réagir si nécessaire. L’accord de juillet entre les États-Unis et l’UE est en cours de ratification, a déclaré Nicolas Forissier, ajoutant que le processus « progresse à un rythme normal ». « Nous respecterons ce qui a été convenu dans l’accord », a-t-il souligné.
Source : Bloomberg Economics

