Le président de Ceuta réclame une présence permanente de l’UE pour sécuriser les frontières après la crise migratoire

Le président de l’enclave espagnole de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a appelé mardi 8 septembre à Bruxelles l’Union européenne à garantir l’intégrité territoriale de l’enclave, après l’arrivée massive de 70 000 personnes en provenance du Maroc fin juillet.

Plus d’un mois après cet « afflux », la situation dans l’enclave située en Afrique du Nord reste tendue, a déclaré aux journalistes Juan Jesús Vivas, représentant du Parti populaire. Selon lui, Ceuta est une « cocotte‑minute qui peut exploser à tout moment ».

« C’est une situation qui n’est pas tenable. Nous ne pouvons plus y faire face. Nous sommes à la limite de nos capacités, au bord du gouffre, de l’effondrement », a affirmé Juan Jesús Vivas.

Il a demandé que les frontières terrestres de Ceuta et de Melilla soient reconnues « clairement et sans ambiguïté » comme frontières européennes et respectées. Juan Jesús Vivas a également indiqué que Ceuta solliciterait une « présence permanente de l’Europe » dans l’enclave, notamment via l’agence Frontex, chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’UE.

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Accusations contre le Maroc et enquête

Juan Jesús Vivas a également accusé le Maroc d’être impliqué dans cet afflux massif « par action ou par omission ». Il a mis en doute la possibilité que les autorités marocaines n’aient pas remarqué la mobilisation de 80 000 à 100 000 personnes.

Selon Juan Jesús Vivas, le Maroc a utilisé la « pression migratoire pour mettre en péril l’intégrité territoriale de Ceuta, de l’Espagne et de l’Europe ». Il a appelé l’Europe à apporter une « réponse ferme » au Maroc et a souligné qu’une politique de coopération réussie doit reposer sur le respect mutuel, avant tout celui des frontières.

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De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré jeudi dernier devant les députés ne disposer d’« aucune preuve » de l’implication du Maroc dans l’afflux soudain de migrants.

Lundi, la justice espagnole a officiellement ouvert une enquête sur l’entrée de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave fin juillet. L’enquête a notamment relevé des signes de « facilitation manifeste » de ce processus par le Maroc.

Juan Jesús Vivas demande également aux institutions européennes une aide financière pour faciliter le retour définitif de toutes les personnes arrivées à Ceuta fin juillet et pour renforcer les infrastructures de l’enclave.

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Négociations à Bruxelles

À Bruxelles, Juan Jesús Vivas doit rencontrer le commissaire européen à la Migration Magnus Brunner et la commissaire à la Méditerranée Dubravka Šuica.

Ces représentants de la Commission européenne rencontreront également le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares pour discuter de la situation sur place, a indiqué un porte‑parole de la Commission européenne.

Bien que la majorité des migrants ait quitté l’enclave peu après leur arrivée, plusieurs milliers de personnes y restent présentes — environ 5 000 selon le gouvernement central, ou jusqu’à 10 000 selon les autorités locales.

Source : BFMTV