Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes dans le sud de l’Iran, entraînant une réponse de Téhéran qui a attaqué des cibles américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Un pétrolier a également été touché dans le détroit d’Ormuz. Les forces américaines ont effectué des bombardements nocturnes après que le président Donald Trump a déclaré que Téhéran «paierait cher» pour la mort de militaires américains.
Ces échanges de frappes ont eu lieu un jour après que les Houthis yéménites, soutenus par l’Iran, ont annoncé leur intention d’instaurer un blocus maritime contre l’Arabie saoudite. Cette situation ouvre un nouveau front potentiel de conflit et accroît les risques pour les approvisionnements mondiaux en énergie ainsi que pour le commerce international en dehors du golfe Persique. Malgré cette nouvelle escalade, qui menace de mettre à mal le cessez-le-feu temporaire établi en juin, les signaux d’une possible reprise des contacts diplomatiques entre Téhéran et Washington ont limité la hausse des prix du pétrole.
Les attaques des États-Unis et la réponse de l’Iran
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé la fin d’un nouveau cycle de frappes contre l’Iran, précisant que des centres de commandement militaires, des installations maritimes, des rampes de lancement de missiles et de drones, ainsi que des systèmes de défense aérienne avaient été touchés. Selon les médias d’État iraniens, des explosions ont été entendues près de la ville de Shiraz, ainsi que dans les régions de Konarak et Chabahar sur la côte sud du pays.
En réponse, l’Iran a intensifié ses attaques dans tout le golfe Persique, où des frappes antérieures contre des usines de dessalement avaient déjà suscité des inquiétudes quant à une possible pénurie d’eau et à l’augmentation des menaces pesant sur les infrastructures civiles. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré avoir ciblé des infrastructures à Bahreïn appartenant à la société américaine Amazon, qualifiant cette action de réponse à la frappe américaine sur un chantier de construction de la future centrale nucléaire iranienne Darkhovin. Les médias d’État iraniens ont également rapporté une attaque contre des logements utilisés par le personnel militaire américain sur la base aérienne Sheikh Isa à Bahreïn. Les militaires américains, les autorités de Bahreïn et la société Amazon n’ont pas fourni de commentaires immédiats. L’agence Reuters a noté qu’elle n’avait pas pu confirmer indépendamment ces informations.
L’armée iranienne a également affirmé avoir mené des attaques de drones contre trois bases militaires américaines au Koweït le 21 juillet. Le CGRI a rapporté une frappe contre un objectif militaire américain en Jordanie, tandis que les autorités jordaniennes ont indiqué que leurs forces avaient intercepté et détruit cinq drones iraniens.
Frappe sur les pétroliers et menace sur l’approvisionnement énergétique
L’agence britannique des opérations commerciales maritimes a rapporté qu’un pétrolier dans le détroit d’Ormuz avait été touché par un projectile inconnu le 21 juillet, après quoi l’équipage a quitté le navire à bord d’un canot de sauvetage. Le même jour, le CGRI a déclaré que deux pétroliers avaient pris feu suite à des explosions lors d’une tentative de passage par la route sud du détroit d’Ormuz. Le moment exact de ces incidents n’a pas encore été précisé.
Selon les rapports, l’Iran a appelé les Houthis à fermer le détroit de Bab-el-Mandeb — la principale sortie vers la mer Rouge — en cas de poursuite des attaques américaines contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Cela pourrait menacer deux des artères les plus importantes au monde pour le transport d’énergie. La fermeture complète de Bab-el-Mandeb pourrait réduire les approvisionnements mondiaux en pétrole d’environ 7 %, tandis que la guerre dans le golfe Persique a déjà entraîné une réduction des approvisionnements d’environ 10 %.
Après l’annonce des Houthis d’un blocus maritime, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires pour ses navires traversant Bab-el-Mandeb. Pendant ce temps, les marchés pétroliers évaluaient les risques pour la navigation ainsi que les rapports sur les tentatives diplomatiques visant à contenir une nouvelle escalade, ce qui a entraîné une légère baisse des prix du pétrole Brent au début des échanges.
Source : The Straits Times



