L’économie de la Corée du Sud est depuis longtemps considérée comme l’un des indicateurs les plus fiables des tendances économiques mondiales. Avec un PIB de 1 900 milliards de dollars, son économie ouverte et dynamique se trouve au cœur des évolutions majeures dans le commerce, la finance et les technologies. Aujourd’hui, Séoul tire la sonnette d’alarme sur les risques d’une dépendance excessive à l’intelligence artificielle (IA).
Aucune grande économie n’a modifié son principal moteur de croissance aussi rapidement que la Corée du Sud sous la présidence de Lee Jae Myung, en fonction depuis juin 2025. Si, au début de l’année, les symboles de l’économie sud-coréenne incluaient les automobiles, la construction navale, les smartphones et la K-pop, l’IA est devenue le sujet central quelques mois plus tard. Toutefois, les investisseurs commencent à douter de la viabilité de ce pari.
La capitalisation boursière totale des entreprises du Kospi approche les 5 000 milliards de dollars, mais le marché lui-même ressemble de plus en plus à une « action-mème » en raison de ses fluctuations brutales. La croissance, soutenue par seulement deux ou trois grandes entreprises et les attentes liées au développement de l’IA, dépasse déjà le PIB du pays de plus de 2,5 fois. En réalité, quelques géants technologiques déterminent la dynamique de l’ensemble du marché boursier, ce qui pose un problème distinct pour l’administration de Lee Jae Myung.
Les inquiétudes des investisseurs et la volatilité du marché
La chute de l’indice Kospi de 5 % lundi n’a surpris presque personne. Au cours de l’histoire de cet indice, les échanges ont été suspendus 12 fois en raison du déclenchement des dispositifs de sécurité boursiers, dont six cas se sont produits cette année seulement. Cette vente a eu lieu malgré le fait que Samsung Electronics a annoncé une croissance record des bénéfices de 1 800 % sur une base annuelle, avec presque un doublement des ventes.
C’est précisément l’ampleur de ces résultats qui a encore plus alarmé les investisseurs, renforçant les craintes que les dépenses pour le développement de l’infrastructure de l’IA dépassent la demande réelle pour les technologies d’apprentissage automatique. « Les marchés ont besoin de prévisions claires, d’une politique de prix stable et de preuves que la demande pour l’IA continue de croître », a déclaré la stratège en chef des investissements de Saxo Markets, Charu Chanan. Selon elle, la question principale est de savoir si la pénurie actuelle de puces mémoire ne se transformera pas en surplus à l’avenir.
L’analyste du Tickmill Group, Patrick Mannelli, estime également que les investisseurs n’ont pas perdu confiance dans les perspectives de l’IA, mais vérifient si le secteur, évalué presque sans marge d’erreur, pourra continuer à afficher des résultats financiers élevés.
L’IPO de SK Hynix et le contrôle réglementaire
Dans ce contexte, une attention particulière se porte sur SK Hynix, qui procédera vendredi à une introduction en bourse (IPO) d’un montant de 28 milliards de dollars. Il s’agit de la plus grande IPO d’une entreprise étrangère de l’histoire, dont la demande a déjà largement dépassé le volume de l’offre. Cependant, l’instabilité du marché à la veille de cette opération ne fait qu’accroître les inquiétudes, d’autant plus que les actions de SK Hynix ont augmenté de 639 % depuis le début de l’année, amenant les investisseurs à se demander si les bénéfices les plus simples ne sont pas déjà derrière eux.
Les régulateurs surveillent également la situation de près. Le ministère des Finances de la Corée du Sud a averti cette semaine que la forte concentration de capital dans le secteur des semi-conducteurs accroît la volatilité de l’ensemble du marché boursier, car toute fluctuation des actions des fabricants de puces affecte désormais pratiquement tout l’indice.
Source : Asia Times



