Marine Le Pen veut interdire le hijab en France — sa proposition suscite l’indignation

La favorite d’extrême droite pour l’élection présidentielle en France, Marine Le Pen, fait face à une vague de critiques après avoir confirmé sa proposition d’interdire aux femmes de porter le hijab dans les lieux publics. Des doutes subsistent également au sein de son propre parti concernant cette initiative.

Une source proche de Marine Le Pen, qui a souhaité rester anonyme, a indiqué à POLITICO que la politique prévoyait d’intégrer cette interdiction dans une loi contre « l’islamisme radical ». Ce texte pourrait ensuite être soumis à référendum afin de déplacer le débat de la question religieuse vers « l’idéologie islamiste », a précisé la source.

La proposition de Le Pen est devenue l’un des principaux sujets de l’agenda politique français après qu’un député de son parti, « Rassemblement National », a déclaré dimanche que, si elle arrivait au pouvoir, le port du hijab dans les lieux publics pourrait devenir une infraction passible d’une amende.

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Marine Le Pen est actuellement en tête des sondages avec une avance relative à l’approche du premier tour de l’élection présidentielle française au printemps 2027.

Critiques de la part des opposants politiques

Les dirigeants de gauche et les militants défenseurs des libertés civiles ont critiqué la proposition de Marine Le Pen, la qualifiant d’islamophobe et discriminatoire.

Jean-Luc Mélenchon, qui figure selon les derniers sondages parmi les principaux candidats de gauche à l’élection présidentielle, a accusé Le Pen de vouloir instaurer une « police des vêtements à l’iranienne » dans un message publié sur X.

L’organisation antiraciste française SOS Racisme a affirmé que Le Pen cherchait à « exclure les femmes musulmanes des lieux publics ». Le candidat de centre-droit Édouard Philippe a souligné que l’État devait se concentrer sur la lutte contre « l’islamisme et les extrémistes, et non contre les musulmans français ». Le candidat conservateur Bruno Retailleau a estimé qu’une telle politique représenterait une utilisation inefficace des ressources policières.

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Les débats sur le hijab reviennent régulièrement en France. Selon un rapport de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) pour l’année 2023, 26 % des Françaises musulmanes âgées de 18 à 49 ans portent le hijab.

La France est l’un des rares pays européens à interdire totalement le port de la burqa intégrale dans les lieux publics. Elle est également devenue le seul pays à avoir interdit à ses athlètes de porter le hijab lors des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Les signes religieux ostentatoires, y compris les hijabs et les kippas, sont interdits dans les écoles françaises depuis 2004.

Désaccords au sein du parti de Le Pen

Par ailleurs, la proposition de Marine Le Pen reste politiquement risquée même pour son propre parti. Jordan Bardella, président du « Rassemblement National », avait précédemment évoqué la possibilité d’abandonner cette initiative par crainte qu’elle ne devienne un fardeau politique.

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S’exprimant devant des journalistes lundi, Bardella a de nouveau tenté de minimiser l’importance de la proposition. Il a insisté sur le fait que la décision finale reviendrait aux électeurs français lors du référendum proposé, et a déclaré qu’il ne s’agissait « pas d’instaurer un code vestimentaire ».

Cependant, alors que Marine Le Pen est désormais la figure centrale de la campagne présidentielle et que Jordan Bardella joue un rôle secondaire, le retour de l’une de ses propositions les plus controversées dans le débat public rappelle qui prend les décisions clés au sein du parti.

À la préparation de cet article a contribué Sara Paillet.

Source : POLITICO