Trois décès sur un navire de croisière, le hantavirus suspecté

Trois voyageurs sont décédés sur un navire de croisière, le hantavirus étant suspecté. Un passager est en soins intensifs. L'OMS minimise le risque pour le public.

77038827 1004

Trois voyageurs sont décédés à bord d’un navire de croisière, sur fond de suspicion d’infection par le hantavirus. Un autre passager est actuellement sous traitement intensif en Afrique du Sud, où le virus a été confirmé.

Un passager de 69 ans, selon les médias, reçoit des soins intensifs en Afrique du Sud. Deux membres d’équipage sont également tombés gravement malades. «Le risque pour le grand public reste faible», a déclaré le Bureau régional européen de l’OMS dans un communiqué de presse lundi. «Il n’y a pas de raison de paniquer ou de restreindre les voyages», a ajouté l’OMS. Il s’agit du navire «Hondius», exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, qui faisait route de l’Argentine vers le Cap-Vert. Actuellement, 149 passagers et membres d’équipage se trouvent à bord du «Hondius». La manière exacte et le lieu où les voyageurs ont été infectés restent inconnus.

Qu’est-ce que le hantavirus ?

Le hantavirus est une maladie zoonotique, c’est-à-dire qu’elle se transmet de l’animal à l’homme. Les porteurs naturels du hantavirus sont principalement diverses espèces de souris et de rats, ainsi que les musaraignes, les taupes et les chauves-souris. Les animaux infectés excrètent le virus par la salive, l’urine et les fèces. Les humains sont infectés par contact avec les excrétions de rongeurs infectés, le plus souvent en inhalant de la poussière contaminée générée lors du brassage de déjections séchées ou de matériaux de nidification. L’infection peut également survenir par l’ingestion de particules contaminées ou en touchant les yeux ou le nez après un contact avec du matériel infecté. Le virus peut survivre dans l’environnement pendant plusieurs semaines ; un contact direct avec des rongeurs infectés n’est pas obligatoire pour la transmission, bien qu’une morsure d’un animal infecté puisse également provoquer l’infection.

La transmission interhumaine du hantavirus n’a pas été observée en Europe. En Amérique du Sud, un petit nombre de cas de transmission interhumaine ont été enregistrés, liés au virus des Andes (Andes virus) – une souche de hantavirus présente en Argentine et au Chili. Cette souche est actuellement la seule variante connue du hantavirus capable de se propager entre humains, bien qu’une étude de 2021 ait montré que même sa transmission interhumaine n’était pas définitivement établie.

Symptômes et conséquences

La gravité de la maladie dépend de la souche du hantavirus. Les souches présentes en Europe et en Asie provoquent généralement une maladie pseudo-grippale avec une forte fièvre (plus de 38 degrés Celsius ou 100,4 degrés Fahrenheit) pendant trois à quatre jours, des maux de tête, des douleurs abdominales et dorsales. Certains patients ne présentent aucun symptôme. Dans certains cas, la maladie peut évoluer vers une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), pouvant entraîner une chute de la tension artérielle, un dysfonctionnement rénal et potentiellement une insuffisance rénale aiguë. La mortalité due à la FHSR varie de moins de 1% à 15% selon la souche du virus, d’après une revue de 2023 publiée dans The Lancet.

Les souches de hantavirus présentes en Amérique du Nord et en Amérique du Sud peuvent provoquer un syndrome pulmonaire, caractérisé par une accumulation de liquide dans les poumons, une chute de la tension artérielle et une détresse respiratoire sévère. Ce syndrome est mortel dans environ 30 à 40% des cas, selon une étude du Lancet. Des études récentes montrent également que le hantavirus peut avoir des conséquences à long terme sur la santé, même après une infection aiguë, augmentant le risque de certains types de cancers du sang et de maladies cardiovasculaires chez les patients des années après l’infection. Les mécanismes sous-jacents de ces conséquences à long terme, selon le Lancet, restent flous.

Traitement et prévention

Le traitement du hantavirus se limite principalement à une thérapie symptomatique. Les cas graves peuvent nécessiter une dialyse ou une ventilation mécanique. Les vaccins contre le hantavirus ne sont actuellement pas disponibles en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Bien que des vaccins soient utilisés en Chine et en Corée du Sud, leur efficacité n’a pas encore été scientifiquement prouvée, selon une étude du Lancet.

La recherche de nouvelles approches pour le traitement du hantavirus est en cours. Une thérapie expérimentale basée sur des anticorps de survivants a réussi à neutraliser plusieurs souches de hantavirus lors des essais initiaux. Des vaccins à ADN, ciblant le virus Puumala, ont montré des résultats prometteurs lors des premiers essais sur l’homme, selon une publication de novembre 2024.

Source : Deutsche Welle