Von der Leyen écarte la menace de Trump concernant des droits de douane de 25% sur les voitures européennes

Ursula von der Leyen rejette la menace de Donald Trump d'imposer 25% de droits de douane sur les voitures européennes, appelant Washington à respecter les accords. Les dirigeants de l'UE soutiennent la position de la Commission.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rejeté mardi la menace du président américain Donald Trump d’augmenter les droits de douane sur les voitures européennes, appelant Washington à respecter les termes de l’accord commercial conclu avec Bruxelles.

Cette déclaration de von der Leyen constitue la première réaction publique depuis que Trump a annoncé vendredi son intention d’imposer des droits de douane de 25% sur les voitures fabriquées dans l’UE. Lors d’une conférence de presse tenue à Erevan, en marge du sommet UE-Arménie, von der Leyen a affirmé avec fermeté : « Un accord est un accord », ajoutant que « nous avons un accord » dont l’essence repose sur la prospérité, des règles communes et la fiabilité. Elle a également souligné que le bloc était prêt à faire face à tout scénario.

Soutien des dirigeants de l’UE

Le président du Conseil européen, António Costa, a indiqué lors de la même conférence de presse à Erevan que les dirigeants de l’UE « soutenaient pleinement » la réponse de la Commission à la dernière menace commerciale de Trump. Le président français Emmanuel Macron a également exprimé clairement son soutien à la position de la Commission lors d’une conférence de presse distincte à Erevan, en compagnie du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

Macron a souligné que « des accords ont été signés et doivent être respectés », ajoutant que « si les accords sont remis en question, cela remettra tout en cause ». Il a insisté sur le fait que si un pays est menacé de nouveaux droits de douane, l’UE dispose d’outils pour riposter, et qu’ils devraient être utilisés, car « c’est à cela qu’ils servent ». Macron a également ajouté que les options étaient « sur la table », et que des alliés proches, tels que Bruxelles et Washington, « ont de bien meilleures choses à faire que d’agiter des menaces de déstabilisation ».

Historique des relations commerciales

Les dernières menaces tarifaires de Trump marquent une nette escalade dans les relations commerciales tumultueuses entre Washington et Bruxelles. Ces menaces interviennent après la visite à Washington du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, où il avait déclaré que l’accord de juillet restait en vigueur.

Selon les termes de l’accord conclu en juillet dernier, les droits de douane américains sur les voitures européennes avaient été fixés à 15%. En échange, Bruxelles avait accepté de réduire les tarifs industriels, d’acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine et d’investir 600 milliards de dollars dans l’économie américaine. Actuellement, l’UE est dans les « dernières étapes de l’exécution de ses obligations tarifaires restantes », tandis que les engagements des États-Unis concernant le respect du plafond convenu restent encore non tenus.

Après l’annonce surprenante de vendredi, la Commission avait initialement évité la confrontation directe avec Trump, déclarant que l’UE « laisserait ses options ouvertes ». Un porte-parole a ajouté que le bloc mettait en œuvre l’accord « conformément aux pratiques législatives standard » et en informait Washington. Maroš Šefčovič devait rencontrer le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à Paris mardi, dans une tentative de stabiliser les négociations ébranlées par la menace tarifaire de Trump.

Source : POLITICO