Une brigade de missiles russe, équipée de systèmes « Oreshnik », a été déployée sur le territoire de la Biélorussie. C’est ce qu’a annoncé le chef de la Direction principale du renseignement de l’Ukraine, Oleg Ivashchenko, dans une interview publiée le 7 septembre.
Selon le responsable du renseignement, il s’agit de la 101‑e brigade de missiles de Russie. Il y a plus de six mois, le président Volodymyr Zelensky avait déclaré que la Biélorussie accueillait déjà, totalement ou partiellement, des systèmes de missiles russes « Oreshnik » sur son sol, et que Moscou avait achevé les travaux préparatoires et techniques nécessaires. Volodymyr Zelensky a qualifié cette mesure de risque d’escalade majeur.
Caractéristiques et utilisation de l’« Oreshnik »
Le système « Oreshnik » est considéré comme une version modifiée du missile sol‑sol « Rubezh ». Sa vitesse élevée en fait une cible difficile à intercepter, ce qui complique la tâche de la défense antiaérienne ukrainienne. Bien que le complexe soit conçu pour transporter des ogives nucléaires, celles‑ci n’ont pas été utilisées lors des précédents tirs contre l’Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine affirme que le missile est imparable, une déclaration contestée par les experts militaires. À ce jour, trois utilisations de l’« Oreshnik » ont été recensées, causant des dégâts minimes. La première frappe a eu lieu en novembre 2023 sur la ville de Dnipro, la seconde lors d’une attaque massive sur l’ouest de l’Ukraine, visant notamment Lviv, et la dernière utilisation par la Russie remonte au mois de mai lors d’une frappe sur Bila Tserkva, à environ 80 kilomètres de Kyiv.
Impact sur la situation sécuritaire
Dans son entretien avec l’agence Ukrinform, Oleg Ivashchenko a également exprimé son inquiétude concernant l’autorisation donnée par la Biélorussie d’installer des relais de signaux radio sur son territoire. Ces dispositifs aident à corriger les trajectoires des drones russes « Shahed » visant les infrastructures civiles et critiques de l’Ukraine. « Si la Biélorussie n’a pas donné une telle autorisation, cela indique que Minsk ne contrôle plus les activités de la Russie sur son propre territoire », a noté Oleg Ivashchenko.
Malgré la volonté de Moscou d’utiliser le territoire et les ressources militaires de la Biélorussie dans la guerre contre l’Ukraine, Kyiv ne voit actuellement aucun signe indiquant que Minsk se prépare à entrer en guerre aux côtés de la Russie. Selon l’évaluation d’Oleg Ivashchenko, la menace venant de la Biélorussie, dirigée depuis 1994 par le dictateur Alexander Lukashenko, reste faible. La Biélorussie est l’un des plus proches alliés de Moscou et lui apporte un soutien politique et militaire depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.
Source : Kyiv Independent



