La Grèce a validé un programme d’achats de défense d’une valeur de 4,2 milliards d’euros, dont l’élément central sera la création d’un système multouche de défense aérienne, de défense antimissile et de lutte contre les drones, baptisé « Bouclier d’Achille ». Environ 3 milliards d’euros seront consacrés à l’acquisition de systèmes de défense israéliens, a rapporté une source au ministère de la Défense sous couvert d’anonymat.
Le ministre de la Défense, Níkos Dendías, a confirmé que le Conseil gouvernemental des affaires étrangères et de la défense (KYSEA) avait approuvé plusieurs grands contrats. En commentant cette décision, il a déclaré que « la Grèce est entrée dans une nouvelle ère, une nouvelle réalité », qualifiant le programme de composante essentielle d’un réarmement massif du pays.
Nouveaux achats pour la modernisation de l’armée
Selon un document du ministère de la Défense consulté par l’agence Agence France-Presse, la Grèce achètera également des avions de transport C-390 Millennium de la société brésilienne Embraer, des drones israéliens Heron, des missiles pour hélicoptères de combat Apache, des vedettes furtives britanniques Victa et des systèmes sonar pour frégates.
Le document précise que les entreprises de défense grecques participeront à la réalisation du projet « Bouclier d’Achille » pour un montant d’environ 700 millions d’euros. Le nouveau système reposera sur des technologies israéliennes de défense aérienne multouche, incluant le système « Dôme de fer », largement utilisé lors des conflits au Moyen-Orient pour intercepter des missiles de courte portée.
Réarmement face à de nouveaux défis
La Grèce consacre traditionnellement au moins 2 % de son produit intérieur brut à la défense en raison des tensions de longue date avec la Turquie voisine. L’année dernière, le Premier ministre Kiriakos Mitsotakis a présenté un programme de modernisation des forces armées sur 12 ans, d’une valeur totale de 25 milliards d’euros.
Aujourd’hui, la Grèce fait partie des quatre membres européens de l’OTAN qui consacrent au moins 3 % de leur PIB à la défense. Mitsotakis, qui doit faire face à des élections d’ici le printemps prochain, a qualifié le programme de réarmement de « la plus radicale » réforme du secteur de la défense dans l’histoire moderne du pays.
Parallèlement, Athènes renforce ses positions en Méditerranée orientale, à proximité de plusieurs zones de conflit au Moyen-Orient. Le pays a déjà convenu de l’achat de quatre frégates françaises Belharra, de 24 chasseurs Rafale, et a signé un contrat pour l’acquisition de 20 chasseurs américains F-35.
Selon le ministère de la Défense, le programme de modernisation prend en compte les leçons de la guerre en Ukraine et vise à préparer les forces armées grecques aux défis du XXIe siècle.
Source : South China Morning Post



