Un groupe bipartisan de sénateurs a annoncé mardi avoir atteint un accord sur un projet de loi longtemps attendu, qui donnera au président américain Donald Trump le pouvoir d’imposer de nouvelles sanctions et des tarifs douaniers contre les principaux acheteurs de pétrole et de gaz naturel russes, tout en prolongeant le régime de sanctions contre l’Iran.
Ce texte permet au président d’appliquer des restrictions supplémentaires à cinq des plus grands importateurs de ressources énergétiques russes, ainsi qu’à cinq pays qui aident à contourner les sanctions énergétiques contre la Russie. Il prolonge également la loi américaine sur les sanctions contre l’Iran.
Donald Trump a déjà exprimé son soutien au projet de loi, dont l’un des principaux initiateurs est le sénateur Lindsey Graham. Un vote procédural sur le texte est prévu pour mardi soir.
Les possibles conséquences pour le commerce mondial
Bien que le projet de loi soit depuis longtemps soutenu par ceux qui plaident pour une pression accrue sur la Russie, son adoption pourrait compliquer les relations commerciales des États-Unis avec la Chine et l’Inde, qui demeurent les plus grands acheteurs de ressources énergétiques russes.
Une partie des démocrates s’oppose à ce texte, craignant que Trump puisse l’utiliser comme base juridique pour imposer de nouveaux tarifs douaniers à grande échelle.
Mardi, Donald Trump doit également rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche. Plus tard, le dirigeant ukrainien prévoit de s’entretenir avec des législateurs au Capitole.
On s’attend à ce que le Sénat puisse approuver le projet de loi dès cette semaine. Cependant, la Chambre des représentants est partie en vacances en août, ce qui rend l’adoption finale du texte impossible avant septembre.
Ce que prévoit le projet de loi
Le texte prolonge la loi sur les sanctions contre l’Iran de 1996 jusqu’en 2031. Cette loi permet d’appliquer des sanctions économiques secondaires aux entreprises étrangères qui font des affaires avec l’Iran et devait expirer cette année.
En outre, le projet de loi donne au président le droit d’imposer un tarif général de 500 % sur les marchandises russes importées aux États-Unis, ainsi qu’un tarif supplémentaire de 100 % pour les cinq plus grands importateurs de ressources énergétiques russes et les pays qui achètent du pétrole ou du gaz naturel russe ou facilitent le contournement des sanctions.
La dernière version du texte limite également les nouveaux pouvoirs tarifaires du président à une période de cinq ans.
Auparavant, la Maison Blanche avait déjà tenté d’intensifier la pression des sanctions sur la Russie, mais après la fermeture du détroit d’Ormuz pendant la guerre avec l’Iran, elle avait temporairement fait des exceptions pour le commerce du pétrole afin d’éviter un déficit mondial sur le marché. Ces exceptions ont pris fin le mois dernier.
L’année dernière, Trump avait imposé un tarif de 25 % sur les marchandises en provenance d’Inde en raison de l’achat de ressources énergétiques russes, mais l’a ensuite annulé pour favoriser un accord commercial plus large entre les États-Unis et l’Inde. La Chine, l’un des plus grands acheteurs de pétrole russe, a évité des restrictions similaires, l’administration Trump cherchant à éviter une nouvelle aggravation des relations commerciales avec Pékin.
Source: Bloomberg



