Lundi 27 juillet, à la veille de la visite de Binyamin Netanyahou à Washington, près de 600 anciens généraux et colonels de l’armée, des services de renseignement, diplomates et policiers israéliens ont adressé une lettre à Donald Trump, l’exhortant à déclarer un « avertissement rouge » concernant la situation en Cisjordanie. Cette lettre sans précédent a été peu couverte par les médias occidentaux, mais elle a été largement diffusée dans la presse arabophone et hébraïque.
Dans ce « message clair et décisif », les auteurs soulignent l’urgence de mettre fin à l’escalade de la violence sur le territoire palestinien, qu’ils attribuent à des « terroristes juifs ». Le texte de la lettre a été publié par le mouvement « Commanders for Israel’s Security » (CIS), qui regroupe plus de 550 anciens hauts responsables des forces de sécurité et du service diplomatique israéliens. La déclaration a été rapportée par les médias israéliens, notamment The Times of Israel, Channel 14 et 103FM, ainsi que par des médias arabophones, y compris Al-Araby et Al Jazeera.
Mise en garde contre l’escalade de la violence
Le mouvement CIS, qui avait déjà mis en garde contre les risques de guerre d’Israël à Gaza en 2025, publie des analyses et des recommandations sur les questions de sécurité nationale. Dans leur lettre, ses représentants mettent en garde Donald Trump contre « l’augmentation des activités terroristes des colons juifs et la politique gouvernementale visant à réprimer l’Autorité palestinienne » en Cisjordanie. Selon eux, si cette politique se poursuit, ses conséquences « pourraient s’avérer encore plus catastrophiques que les atrocités du Hamas du 7 octobre ».
Les auteurs de la lettre avertissent que la trajectoire actuelle des événements « menace de détruire la sécurité d’Israël, de compromettre les intérêts américains et de perturber la stabilité régionale ». La déclaration a été publiée quelques jours après une attaque contre les villages de Tell et Sarra en Cisjordanie. Vendredi, quatre jeunes Palestiniens et deux soldats israéliens y ont été tués. À Sarra, des colons ont incendié des maisons et des voitures, et des bulldozers israéliens ont déraciné des centaines d’oliviers.
Critique du gouvernement israélien et appel de l’ONU
Mercredi, deux ans après la décision de la Cour internationale de justice de l’ONU, qui a jugé l’occupation israélienne de la Cisjordanie illégale, l’ONU a déclaré que la violence des colons et l’annexion territoriale « ne font que s’aggraver ». La porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a souligné : « Alors que les attaques menées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d’avant-postes atteignent des niveaux sans précédent, les États tiers doivent agir de manière urgente et coordonnée pour mettre fin aux meurtres et aux expulsions dont continue de souffrir le peuple palestinien, et mettre fin à l’occupation israélienne ».
La lettre contient également une critique sévère de certains membres du gouvernement israélien. Les auteurs affirment qu’ils protègent leurs partisans — des colons armés, qu’ils qualifient de personnes guidées par des « impulsions messianiques » — de la responsabilité légale. The Times of Israel note que des accusations similaires ont été portées à plusieurs reprises contre les ministres Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich. La lettre, signée par Matan Vilnai, ancien vice-chef d’état-major général de l’Armée de défense d’Israël et ancien ambassadeur d’Israël en Chine, n’a reçu aucune réaction de l’administration Trump, ni avant, ni pendant, ni après la visite de Netanyahou à la Maison Blanche.
Source : Libération



