Des économistes avertissent que la concrétisation des promesses populistes faites lors des récentes élections dans des États indiens clés pourrait peser lourdement sur leurs finances et entraîner une augmentation des déficits budgétaires.
Le parti de l’acteur-politicien K. Joseph Vijay, devenu majoritaire lundi au Tamil Nadu, a fondé sa campagne sur des promesses de bonbonnes de gaz gratuites, de pièces d’or et d’aides financières. Au Bengale occidental, le Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi a quant à lui promis des transferts monétaires plus importants et des prestations sociales étendues.
Selon les estimations d’Emkay Financial Services, les promesses faites au Tamil Nadu pourraient accroître les dépenses de l’État d’environ 2,2% de son produit intérieur brut (PIB), alors que les prévisions tablaient sur 3% pour l’exercice se terminant en mars. Pour le Bengale occidental, les transferts monétaires pourraient représenter environ 3,4% du PIB, dépassant ainsi son objectif de 2,9%.
L’économiste Madhavi Arora d’Emkay a souligné dans un rapport mardi : « Le défi immédiat consiste à maintenir la discipline budgétaire. »
Quels risques les promesses populistes engendrent-elles ?
Les aides monétaires sont devenues un outil de campagne électorale majeur ces dernières années, souvent ciblant les électrices, ce qui brouille de plus en plus les frontières entre protection sociale et populisme électoral. Le système fédéral fixe un objectif de déficit budgétaire de 3% du PIB de l’État. De tels « cadeaux » peuvent peser sur les finances, réduisant les dépenses d’infrastructure et de création d’emplois.
La banque centrale a averti que l’augmentation des subventions accentue les risques liés à la dette publique.
Comment évoluent les indicateurs budgétaires des États ?
Radhika Rao, économiste chez DBS Bank Ltd, a déclaré après l’annonce des résultats électoraux que les budgets des États avaient connu une forte augmentation des dépenses sociales et populistes ces dernières années. Cette croissance pousse structurellement les ratios de déficit au-delà du seuil de 3% du PIB pour l’exercice fiscal 2026 et, probablement, 2027.
Les données de 10 élections majeures dans les États depuis 2023 montrent que les déficits budgétaires augmentent d’environ 1 point de pourcentage du PIB lors des années électorales, tandis que les dépenses d’investissement sont restées stables. Ces chiffres révèlent la difficulté à freiner les dépenses « collantes » et la nécessité pour les États de réduire leurs dépenses dans d’autres domaines pour maîtriser les déficits, a fait remarquer Arora.
Les économistes estiment que le succès électoral obtenu grâce à des promesses populistes alimentera une course aux dépenses avant les élections clés de 2027 dans des États comme le Pendjab, le Gujarat et l’Uttar Pradesh. Le plafond de 3% du PIB pour le déficit budgétaire des États est désormais devenu, de fait, un « plancher », a écrit Arora.
Source : Bloomberg Politics

