La championne hongroise d’échecs Judith Polgár a décliné l’offre de prendre la présidence, marquant ainsi le premier revers significatif pour le Premier ministre hongrois Péter Mádyr depuis son entrée en fonction, celui-ci ayant publiquement soutenu sa candidature la veille.
Polgár, âgée de 49 ans, a déclaré sur Facebook que cette proposition représentait « le plus grand honneur de sa vie », mais qu’elle n’avait pas trouvé en elle « la force de prendre la responsabilité historique d’unir une nation divisée ».
Recherche d’un nouveau candidat
Mádyr a proposé de nommer Polgár, considérée comme la plus grande joueuse d’échecs de l’histoire, à la présidence dans un post sur les réseaux sociaux dimanche soir. Cette annonce est intervenue peu après la démission de l’ancien président Tamás Sulyok, sur demande de Mádyr. Le parti de Mádyr, « Tisza », dispose d’une majorité confortable des deux tiers au parlement, ce qui aurait presque garanti l’approbation de Polgár.
Désormais, Mádyr et son parti doivent trouver un candidat alternatif pour le poste vacant. Ce dernier est devenu libre en raison de la volonté de Mádyr d’éliminer les nominations de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán des postes clés de l’appareil d’État.
La présidence de la Hongrie est largement cérémonielle, mais le chef de l’État peut retarder la signature des lois ou les soumettre à un examen constitutionnel. De nombreux responsables gouvernementaux craignaient que Sulyok ne bloque la législation nécessaire pour rétablir le financement de l’Union européenne, sur lequel Mádyr compte pour mettre en œuvre son programme.
Réaction à la nomination et contexte politique
Dans un discours devant le parlement, Mádyr n’a pas réitéré son soutien de dimanche, déclarant seulement que le nouveau président, qui occupera le poste temporairement jusqu’à l’élaboration d’une nouvelle constitution, devait être le résultat d’un large consensus social. Certains critiques ont remis en question l’absence de consultations larges avant la nomination soudaine par Mádyr d’une personne qui, bien qu’étant une héroïne pour beaucoup en Hongrie depuis qu’elle est devenue grand maître d’échecs à 15 ans, n’a aucune expérience politique.
Après 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán, qui se sont terminés par une victoire convaincante de Mádyr aux élections d’avril, la présidence a été occupée par des loyalistes, accusés par l’opposition de jouer le rôle de marionnettes du gouvernement. Les alliés d’Orbán ont déclaré que la destitution de Sulyok, réalisée par un amendement constitutionnel qui a mis fin à ses pouvoirs, était illégitime et qu’ils ne reconnaîtraient aucun nouveau président.
Source : Bloomberg



