L’IA est impliquée dans plus de la moitié des cybercrimes en Afrique, tandis que les pertes financières continuent d’augmenter. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude qui montre que l’intelligence artificielle permet aux criminels de mener des attaques plus rapides et plus complexes.
« La cybercriminalité est devenue l’une des menaces criminelles les plus significatives pour la région, » a déclaré Neil Jetton, directeur du Bureau d’Interpol chargé de la cybercriminalité, dans un rapport publié lundi, qui couvre 36 pays. « L’IA automatise toutes les étapes des cyberattaques — de la reconnaissance et du phishing à l’extorsion et à l’évasion. »
Croissance des pertes économiques et recommandations d’Interpol
Ces conclusions soulignent l’accroissement des risques économiques et des menaces pour la sécurité à mesure que l’économie numérique de l’Afrique se développe. La cybercriminalité a causé au moins 5 milliards de dollars de pertes économiques directes au continent en 2025, tandis que les pertes financières enregistrées ont plus que doublé par rapport à l’année précédente, atteignant 484 millions de dollars, selon le rapport.
La menace devrait probablement s’intensifier sans une coopération transfrontalière renforcée et des investissements accrus dans les capacités des forces de l’ordre. Interpol a appelé à standardiser les capacités de criminalistique numérique, à améliorer l’échange de données de renseignement entre les secteurs public et privé, et à élargir les compétences en matière d’IA parmi les enquêteurs pour lutter plus efficacement contre les cybermenaces de plus en plus complexes.
Seulement 8 % des analystes en cyberrenseignement interrogés possèdent des compétences avancées en intelligence artificielle, selon le rapport.
Nouvelles menaces : identités synthétiques et géographie des attaques
L’étude a révélé que l’une des menaces à la croissance la plus rapide en Afrique est la création d’identités synthétiques générées par l’IA, qui combinent de vraies informations personnelles avec des détails fictifs. Ces identités synthétiques peuvent contourner les systèmes de vérification biométrique et sont également utilisées pour ouvrir des comptes bancaires, obtenir des crédits et enregistrer des cartes SIM, ce qui complique la détection des fraudes financières, selon l’étude.
Les cybercriminels basés en Afrique ciblent des victimes en Europe et en Amérique du Nord, en utilisant une infrastructure répartie entre plusieurs juridictions. Dans le même temps, l’Afrique de l’Est est devenue l’un des principaux foyers de fraude liée à l’argent mobile et d’attaques utilisant des rançongiciels, ciblant les infrastructures critiques, selon le rapport.
Les institutions financières, les entreprises de télécommunications et les organismes gouvernementaux restent les secteurs les plus fréquemment ciblés par les cybercriminels, selon le rapport.
Source : Bloomberg



