La Cour constitutionnelle de la République tchèque a contraint mercredi le gouvernement à autoriser le président Petr Pavel à participer au sommet de l’OTAN qui se tiendra en Turquie le mois prochain, en émettant une ordonnance judiciaire suite à la demande du chef de l’État.
Le gouvernement, dirigé par le parti populiste ANO du Premier ministre Andrej Babiš, avait annoncé lundi qu’il rompait avec la tradition en n’autorisant pas le président à conduire la délégation tchèque. Les relations entre Pavel et le gouvernement de Babiš ont été marquées par des tensions.
Conflit de pouvoirs
Bien que le gouvernement soit responsable de la détermination et de la conduite de la politique étrangère de la République tchèque, la constitution tchèque stipule également que le président représente le pays à l’étranger. Petr Pavel a affirmé que l’empêcher de faire partie de la délégation entrave l’exercice de ses prérogatives.
Le juge Pavel Šámal, annonçant la décision lors d’un briefing télévisé, a indiqué que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères doivent informer «sans délai» l’OTAN et les organisateurs du sommet des 7 et 8 juillet à Ankara que le président fera partie de la délégation tchèque.
En réaction, Andrej Babiš a déclaré sur le réseau social X qu’il respecte la décision du tribunal.
Positions politiques
Petr Pavel, fervent défenseur de l’OTAN et de l’UE, a été chef d’état-major de l’armée tchèque et a également dirigé le Comité militaire de l’OTAN de 2015 à 2018. Il a parfois été en désaccord avec Babiš, qui soutient le président américain Donald Trump, et dont le gouvernement inclut des partis d’extrême droite et eurosceptiques.
La décision du tribunal impose au gouvernement d’accréditer Pavel pour le sommet avant la date limite de vendredi.
Source : The Straits Times

