Les banques centrales rapatrient leurs réserves d’or et prévoient une augmentation des achats

Au cours des derniers 12 mois, 9% des répondants ont augmenté leur stockage intérieur, contre 5% l'année précédente.

Les banques centrales du monde entier rapatrient activement leurs réserves d’or et prévoient une augmentation des achats de cet actif en raison de l’accroissement des risques géopolitiques. Près de neuf banques centrales sur dix interrogées anticipent une hausse des réserves d’or mondiales au cours de l’année prochaine, et 45% d’entre elles envisagent d’augmenter leurs propres réserves.

Ces conclusions reposent sur l’enquête annuelle menée par le Conseil mondial de l’or (World Gold Council) auprès de 74 établissements financiers entre février et mai. Les autorités monétaires continuent de considérer l’or comme un moyen de protection essentiel contre l’inflation, les troubles géopolitiques et les risques de change, malgré la récente baisse des prix observée pendant le conflit en Iran.

Augmentation du stockage intérieur et diversification

De plus en plus de banques centrales choisissent de stocker une plus grande part de leur or sur le territoire national. Au cours des derniers 12 mois, 9% des répondants ont accru leur stockage intérieur, contre 5% l’année précédente. Par ailleurs, 10% des banques centrales interrogées ont diversifié les lieux de stockage à l’étranger, alors que ce chiffre n’était que de 2% lors de l’enquête précédente.

Les analystes soulignent que la dégradation des relations géopolitiques constitue un facteur clé dans la réévaluation des stratégies de stockage de l’or. La saisie d’environ 300 milliards de dollars d’actifs étrangers russes après l’invasion de l’Ukraine a renforcé les inquiétudes concernant l’accessibilité des réserves stockées à l’étranger en période de tensions politiques. Cela incite certaines banques centrales à rapatrier leur or.

Gianni Staunovo, analyste des matières premières chez UBS, a indiqué que cette tendance au rapatriement est observée depuis 2022. L’or revêt souvent une signification symbolique en tant qu’actif national, ce qui constitue un stimulus supplémentaire pour stocker les réserves sur le sol national. Par exemple, la Banque de France a récemment réduit son exposition en vendant des réserves d’or aux États-Unis et en acquérant une quantité équivalente d’or en Europe sans déplacer physiquement les lingots.

Prévisions d’achats et stabilité du marché

Les banques centrales ont acheté en moyenne 1 000 tonnes d’or par an au cours des quatre dernières années, soit deux fois le niveau moyen des dix années précédentes. Gianni Staunovo prévoit que les banques centrales achèteront entre 750 et 1 000 tonnes métriques d’or cette année. Selon lui, une telle demande ne devrait pas entraîner une hausse brutale des prix de l’or, mais fournira une base stable pour le marché et contribuera à compenser la demande plus faible pour les bijoux et les investissements.

L’enquête du Conseil mondial de l’or a également révélé que 7% des répondants prévoient d’augmenter leur stockage intérieur au cours de l’année prochaine, et que 9% d’entre eux envisagent de diversifier leurs accords de stockage à l’étranger. Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell, a déclaré que les conclusions de l’enquête reflètent les efforts plus larges des banques centrales pour réduire la concentration de leurs actifs et de leurs lieux de stockage, car « il est raisonnable de répartir les risques dans les investissements, y compris l’endroit où les actifs sont stockés ».

Source : CNBC