Les États-Unis ont quitté la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU le 27 juillet, après que l’ambassadeur de France a pris la parole. Ce départ a été un geste de protestation contre les commentaires de la France, qui comparaient les États-Unis à la Corée du Nord et à d’autres États autoritaires en ce qui concerne les votes sur les droits de l’homme.
Dan Negrea, représentant adjoint à l’Assemblée générale et haut fonctionnaire de la délégation américaine, a critiqué ce qu’il a qualifié d’« hypocrisie » de Paris. « Il y a un membre de ce conseil qui feindra l’indignation morale et fera semblant de nous donner des leçons sur n’importe quel sujet, que ce soit sur le conflit que nous discutons à nouveau aujourd’hui, ou même sur des questions qui ne concernent pas la paix et la sécurité internationales, comme les droits de l’homme », a déclaré Negrea. Il a ajouté que c’est pour cette raison que les États-Unis « ont quitté pendant l’intervention de la France » lors de la réunion, qui portait sur la guerre en Ukraine.
Un rare coup d’éclat et un vote sur les droits de l’homme
Un tel coup d’éclat au Conseil de sécurité — l’organe principal de l’ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, où la France et les États-Unis sont des membres permanents avec droit de veto — est un phénomène très rare.
Auparavant, le 24 juillet, les États-Unis étaient devenus l’un des dix pays à voter à l’Assemblée générale contre la prolongation du mandat de Volker Türk en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Lors de ce vote, les États-Unis s’étaient joints à la Corée du Nord, à la Russie et au Nicaragua, entre autres.
La France et les États-Unis échangent des accusations
La mission de la France auprès de l’Organisation des Nations Unies à Genève a publié un message en anglais après le vote du 24 juillet, notant : « Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits de l’homme. Plus maintenant ». Le message ajoutait également : « Aujourd’hui, ils se tiennent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie, isolés. Et le monde ne les écoute plus ».
Dans sa déclaration du 27 juillet, Negrea a répondu : « Je leur rappelle que ce sont les États-Unis qui restent un phare de la liberté pour le monde ». Il a ajouté que, en tant que tels, les États-Unis « ne leur accorderont pas le privilège d’écouter leurs inepties politisées ».
L’ambassadeur de France Jérôme Bonnafont a réagi au coup d’éclat des États-Unis en déclarant : « Cette année, nous célébrons le 250e anniversaire des États-Unis. Et tout le monde sait quel rôle la France a joué dans cela ». Il a également noté que la France travaille à l’ONU, tant au Conseil de sécurité qu’à l’Assemblée générale, « pour préserver cette institution, son indépendance et sa capacité à agir pour la défense de la Charte des Nations Unies, des droits de l’homme et de la paix ».
Source : The Straits Times



