Les Houthis menacent de fermer le détroit de Bab el-Mandeb après l’annonce d’un embargo contre l’Arabie saoudite

Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont annoncé lundi l’instauration d’un embargo maritime contre l’Arabie saoudite, les accusant d’avoir attaqué l’aéroport international de Sanaa et d’imposer un blocus du Yémen depuis plusieurs années. Le représentant militaire du groupe, Yahya Sari, a déclaré dans une vidéo que l’interdiction était effective immédiatement, la qualifiant de principe de œil pour œil. Le vice-responsable du bureau des médias des Houthis, Nasruddin Amer, a précisé sur le réseau social X que, en réponse au blocus injuste des Yéménites pendant plus de 10 ans, le groupe avait l’intention de fermer le détroit de Bab el‑Mandeb. Les Houthis n’ont toutefois pas expliqué comment ils comptaient faire respecter cet embargo maritime.

Le détroit de Bab el‑Mandeb, large de 32 kilomètres, dont le nom signifie en arabe « Porte des Larmes », est une voie stratégique menant à la mer Rouge, par laquelle transite habituellement environ 12 % du commerce mondial. Un quart des transports mondiaux de conteneurs emprunte cet itinéraire vers le canal de Suez et inversement. En cas de fermeture du détroit, les navires seraient contraints de contourner le cap de Bonne-Espérance, ce qui ajouterait de de deux à trois semaines à la durée des trajets entre l’Asie et l’Europe et ferait grimper considérablement le coût du transport.

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Une menace pour la navigation mondiale et la logistique énergétique

Les Houthis, officiellement connus sous le nom d’Ansar Allah, ont déjà attaqué plus de 100 navires au cours de la guerre entre Israël et le Hamas, poussant les grandes compagnies maritimes à suspendre le transit par la mer Rouge. Les États‑Unis et leurs alliés avaient alors déployé une mission navale multinationale pour protéger le commerce maritime. L’Arabie saoudite n’a pas encore réagi officiellement à ces menaces, mais le royaume pâtit déjà de pressions, d’autant qu’il utilise son oléoduc « Est‑Ouest » vers la mer Rouge comme alternative au détroit d’Ormuz, que l’Iran affirme avoir bloqué après les frappes américaines et israéliennes contre le pays le 28 février.

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Cette escalade menace la trêve dans la guerre civile au Yémen, en place depuis 2014. Cette nouvelle tension survient après que les Houthis ont annoncé une frappe visant les forces saoudiennes à l’aéroport de Sanaa, dans le but d’intercepter un avion transportant des dirigeants du groupe revenant des funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei en Iran. L’appareil a atterri dans un autre aéroport, après quoi les rebelles ont attaqué l’aéroport international d’Abha en Arabie saoudite avec des missiles et des drones. Yahya Sari a souligné que les Houthis étaient prêts à une escalade globale et décisive en cas de toute action imprudente de l’ennemi.

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Le groupe fait partie de l’« Axe de la résistance » iranien, qui comprend également le Hezbollah, le Hamas et des combattants irakiens. Selon plusieurs membres ayant parlé anonymement à des journalistes, malgré des réserves importantes de drones, leurs ressources s’amenuisent progressivement et la guerre en Iran entrave l’approvisionnement en armes.

Source : Euronews