Andy Burnham devrait être nommé Premier ministre du Royaume-Uni lundi, devenant le premier chef du gouvernement du pays à avoir été catholique toute sa vie. Si, autrefois, les catholiques étaient interdits d’office d’accéder au Parlement jusqu’au début du XIXe siècle, la Grande-Bretagne moderne demeure largement un État laïque. Selon le dernier recensement en Angleterre et au Pays de Galles, moins de la moitié des répondants se disent chrétiens, tandis que 37 % indiquent ne pratiquer aucune religion.
Malgré ce sécularisme, l’État britannique entretient des liens historiques profonds avec le christianisme protestant. Le roi est le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, et le Premier ministre participe traditionnellement, de manière formelle, à la nomination des évêques. Bien que ce rôle soit le plus souvent considéré comme symbolique, un briefing parlementaire suggère qu’Andy Burnham pourrait être contraint de déléguer officiellement cette partie de ses pouvoirs.
Contexte historique et obstacles religieux
L’Église anglicane est née de la rupture de Henri VIII avec Rome, déclenchant une longue période de tensions religieuses. Les protestants ont perçu la direction catholique comme un risque pour la souveraineté, ce qui a alimenté la Glorieuse Révolution de 1688 et la déposition de Jacques II, dernier roi catholique. Des lois adoptées en 1829 et 1858 ont levé la plupart des obstacles juridiques pour les catholiques.
Andy Burnham présente le catholicisme plus comme une composante de son identité culturelle que comme une foi profondément pratiquée. D’origine irlandaise, il a été élevé dans une école romano‑catholique. Sa mère, Eileen, se rappelle qu’il avait été enfant de chœur avec ses frères, et qu’Andy Burnham a toujours voulu être celui qui conduit et reçoit la communion.
Opinions politiques et identité religieuse
Dans une interview accordée au The Guardian en 2009, Andy Burnham plaçait ses priorités ainsi: Everton FC, le Parti travailliste et l’Église catholique. Grand amateur d’Everton, il compare sa religiosité à son soutien au club: « Vous restez quand même un supporter d’Everton ; vous pouvez arrêter d’aller à l’église, mais vous resterez catholique. »
Après sa rencontre avec le Pape François au Vatican en 2023, il a confié au The Telegraph avoir été frappé par l’emprise du lieu, sans se dire pratiquant à part entière. Il a toutefois souligné que l’enseignement social catholique a largement influencé ses opinions politiques et que les idées des travaillistes s’en rapprochent le plus.
Cette ambiguïté religieuse n’est pas nouvelle chez les dirigeants britanniques. Boris Johnson, premier ministre de 2019 à 2022, a été baptisé dans l’Église catholique mais a été élevé dans la tradition anglicane. Tony Blair, à la tête du gouvernement de 1997 à 2007, n’a officiellement quitté l’anglicanisme pour le catholicisme que six mois après sa démission. Le premier Premier ministre d’origine juive fut Benjamin Disraeli en 1868, et en 2022, Rishi Sunak est devenu le premier hindou en exercice à ce poste.
Source : The New York Times



